"Le Temps et la Chambre" de Botho Strauss

Représentations. 
Théâtre de l'Opprimé, Paris | janvier 2011
la Fabrique MC11, Montreuil | octobre 2010
Embrasure, Montreuil | 2009
Théâtre Ouvert, Paris | 2009

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Générique.

Texte Botho Strauss.

Mise en scène Marie-Christine Mazzola.

Assistante à la mise en scène Clémence Laboureau.

Avec Pascaline Baumard, Antoine Brugière, Nina Chataignier, Fabien Floris, Bruno Galibert, David Gérard, Ludovic Lamaud, Marie-Christine Mazzola, Léonce Henri Nlend Scénographie Camille Duchemin Lumière et régie générale Jean Christophe Ménard Musique Lucas Barbier Assistante régie Anne Charrier Crédits photos Gilles Vidal Crédits vidéo François Combin et Sophie Duchemin.

Botho Strauss, en grand spécialiste de fresques sur la solitude, l’enfermement, les situations d’incommunicabilité, est à la fois reflet et révélateur de son temps. Il signe dans "Le temps et la chambre" une histoire de rencontres et de séparations. La rencontre entre des personnes qui se croisent et dont les histoires s’entremêlent ou s’entrechoquent, la rencontre de l’intérieur et de l’extérieur, la rencontre du passé et du présent.

Deux personnages, Julius et Olaf, vivent reclus et commentent, de leur chambre, le spectacle de la rue : une ville bruyante, chaotique et déréglée. Dans leur dégoût de ce monde, ils en viennent même à juger une femme, sans la connaître, passante anonyme de cet extérieur. Celle-ci, Marie Steuber, blessée et meurtrie par ce regard, fait intrusion dans leur chambre afin de dire qui elle est : ses espoirs, ses rencontres, ses échecs, ses souvenirs.

La chambre, qui devait être un asile, un refuge, devient un lieu de passage où surgissent alors les personnages de son passé : l’Homme sans montre, l’Impatiente, l’Homme au manteau d’hiver, la Femme sommeil et le Parfait inconnu. Dés lors ils feront voler en éclats les croyances et le mode de vie arrêté de Julius et Olaf. Se succèdent les scènes, les échecs, sans transition, et dans ce kaléidoscope déréglé apparait peu à peu une femme : en creux de ces rencontres, tout azimut, elle se donne corps et âme dans toutes les situations.

Généreuse, énergique, elle ose, essaie, tente les rencontres. Mais cette femme, qui s’assujettit au désir des autres, à force de bonne volonté, se fait dévorer par les fictions qu’on projette sur elle. Si Botho Strauss nous donne à voir une femme qui s’est endurcie et abimée à force de dire oui à tout et à chacun, le refus d’entrer dans la vie et de prendre le risque des chocs n’est pas la fin que nous espérons : par son regard sur l’histoire de Marie, Julius remet en cause sa façon de vivre et Olaf se décide enfin à partir, à oser affronter l’inconnu, l’extérieur.

Clémence Laboureau
Marie-Christine Mazzola

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